24/09/2026
Mon souvenir le plus ancien d’Amadou Mahtar Mbow date de 1953. J’étais à l’époque tout jeune écolier et Mbow dirigeait le service de l’Éducation de base et menait des missions à Bakel assisté de l’un de mes oncles qu’il avait recruté. J’ai le souvenir de projections de vidéos dans les villages, et de discussions menées par Mbow et ses collaborateurs pour transmettre aux populations non seulement de l’instruction, mais aussi des connaissances relatives à la santé et au développement communautaire.
Son nom me parviendra quelques années plus t**d, en 1958. Je me trouvais alors en colonie de vacances à Mbour lorsque l’ensemble du pays fut gagné par la nouvelle d’un acte politique retentissant : la démission du gouvernement des ministres du PRA, parmi lesquels Amadou Mahtar Mbow, Assane Seck, mais aussi l’historien et ancien directeur de l’IFAN Abdoulaye Ly. La politique à l’époque avait un sens, Amadou Mahtar Mbow et ses camarades du PRA avaient posé un geste motivé par des convictions fortes.
Amadou Mahtar Mbow aura, un peu plus t**d, une influence importante sur des générations de lycéens, dont la mienne. Lycéen à Saint Louis, mon professeur d’Histoire, un français, faisait usage dans ses cours d’une série de documents sur l’Histoire africaine produits par Amadou Mahtar Mbow. Tout le monde connait l’Histoire générale de l’Afrique, série d’ouvrages d’une grande importance, produite sous les auspices
de l’UNESCO lorsque cette institution était dirigée par Amadou Mahtar Mbow, mais l’on sait moins que l’action de ce dernier en faveur d’une meilleure connaissance de l’histoire du continent a débuté bien avant. À l’UNESCO Amadou Mahtar Mbow a fait montre non seulement de compétence, d’humanisme, mais aussi d’un grand courage.
Songez au combat pour le Nouvel Ordre mondial de l’Information et de la Communication, qu’il a mené dans le contexte fort peu propice de la guerre froide. »
Extrait de l’interview du Professeur Abdoulaye Bathily
Amadou Mahtar Mbow Une vie, des combats Ham