12/08/2026
Au Palazzo Grassi : MICHAEL ARMITAGE. THE PROMISE OF CHANGE 🖤
Virtuosité du cabinet de dessins au crayon ou à l’encre, qui le montre parfaitement à l’aise devant tous les motifs : animaux, paysages, scènes quotidiennes ou symboliques. La même maîtrise est à l’œuvre dans ses peintures qui ont pour support le lubugo, tissu fabriqué par le peuple buganda, qui vit en Ouganda. Fabriqué à partir de l’écorce d’un arbre ( écorce intérieure du figuier Mutuba) qu’il faut détacher, faire chauffer et écraser ) . Il se présente sous la forme de vastes surfaces blanches de fibres, homogènes mais irrégulières, loin de l’uniformité d’une toile de lin ou de coton tendue sur un châssis. Le geste du peintre est contrarié par les coutures qui attachent les morceaux et par les surfaces bosselées. Mais ces accidents sont intégrés et participent à l’œuvre … magique !
—————
« La conséquence la plus immédiate de l’emploi du lubugo est que voisinent des zones où Armitage a pu placer des figures reconnaissables ; et celles sur lesquelles les couleurs se déploient en formes non figuratives, les taches semblant flotter et glisser comme des reflets sur une eau agitée. L’impression est alors celle d’un paysagisme proche de l’abstrait. Mais elle ne tient que le temps nécessaire à identifier les figures humaines et animales et ce que celles-ci donnent à voir. Or il s’agit, le plus souvent, de corps martyrisés, d’autres asservis, de courses des fuyards, de la prostration de ceux qui s’entassent sur un radeau. On se délecterait volontiers des harmonies de verts, d’ocres et de bleus, souvent rehaussées de rouges. Mais, dès que l’on a vu ce qui se passe dans ces œuvres, la délectation n’est plus possible.