13/06/2018
J'ai fait un rêve... Le rêve qu'un jour je serai Ébéniste.
Ce rêve j'ai mis 20 ans à le réaliser, j'y ai mis toutes mes économies.
J'ai été formé par des gens formidables, j'ai appris plus en 8 mois que durant les années précédentes.
J'ai investi dans l'achat de machines au top, et j'ai monté mon entreprise.
J'ai l'impression d'avoir fait tout ce qu'il faut pour me faire connaître, j'ai intégré un réseau d'entrepreneurs locaux, j'ai fait des marchés et des expositions, j'ai mis en place un site internet vitrine, une page Facebook que j'ai alimenté de mes plus belles et plus intéressantes réalisations, j'ai fait réaliser une vidéo de présentation de mon activité par des pros, avec un résultat superbe.
Mais j'ai le regret de vous annoncer la fin de cette aventure.
C'est pour moi une blessure d'orgueil, parce que je n'arrive plus à faire face à mes charges professionnelles et personnelles... Alors, puisque je suis ingénieur (aussi), que je suis pragmatique, que je me suis toujours dit que je n'irai pas jusqu'à être obligé de tout liquider à 3 francs 6 sous... J'ai pris la décision de cesser l'activité de l'entreprise à la fin du mois de juin.
Je ne regrette rien. Je n'en veux à personne. Beaucoup de mes amis, ma famille et connaissances m'ont donnés du travail, m'ont confiés leur meubles à restaurer, à réparer, m'ont confiés leurs projets de meubles et je ne les remercierais jamais assez pour ces beaux projets.
J'ai toujours su que je ne gagnerais pas beaucoup d'argent dans cette activité, mon business plan prévoyait à terme un revenu de 1000€ par mois (même pas le SMIC), mais vivre de sa passion n'a pas de prix... Sauf celui du compte en banque.
Malheureusement, quand on en vient à remettre de l'argent personnel tous les mois dans la trésorerie de l'entreprise, que l'on réduit son train de vie au point de ne se nourrir que de nouilles en promotion, quand on réfléchit à 2 fois avant chaque déplacement en voiture parce qu'il faut faire le plein... Et que si l'on ne fait rien, on sera bientôt interdit bancaire, il faut savoir tirer des conclusions. Il n'est jamais trop t**d pour stopper un projet qui foire.
Je n'ai jamais dépendu de personne depuis que j'ai terminé mes études. J'ai toujours payé mes dettes. Et s'il me reste encore un peu d'orgueil, ce sera celui de ne pas avoir à quémander de l'argent aux proches (même s'ils sont un soutien incomparable en ces moments tristes).
Alors heureusement, j'ai d'autres ressources pour me retourner, j'ai mon diplôme d'ingénieur, j'ai la carrière que j'ai fait avant cette belle aventure, j'ai des compétences nouvelles à valoriser. Je vais donc retourner travailler en tant que salarié (la plupart ne se rendent pas compte de la sécurité que cela procure...).
Merci à ceux qui liront ce post jusqu'au bout, la passion du bois est en moi pour toujours, et c'est bien pour conserver les moyens de l'exercer que je met un terme à mon entreprise.
Bises à tous ! 😙