17/05/2023
Et si je me trompe ?
Des voix sans issue, des chemins à perte de vue à en devenir fou
Je regarde mais ne vois rien, je me frotte les yeux et toujours rien
Le vide, l’absence, pas de décor, ou pas encore
Tout à faire à imaginer à agencer pour que ma vie commence enfin
Alors je construis, j’échafaude, je me raconte, je décide
Mais non ! Mais je m’égare déjà sur les chemins du contrôle, je veux fabriquer, organiser, mais avec ce que je sais.
Alors les chemins bougent et effacent sur leurs passage ma volonté enseignée, ancrée de tout contrôler
Je regarde à nouveau tout est vierge, le carrefour et ses propositions, je ne vois rien
Je plonge dans ce néant, je parcours les premiers mètres la rage au ventre, la colère monte et le désespoir m’envahit
Le décor alors se montre, il est triste et plutôt anarchique, chemin jonché de tristesse et de regrets.
Alors une prise de conscience fulgurante me saisit et me retourne sur mes pas
« Mais non surtout pas, ces chemins-là tu les connais ils ne mènent qu’au désespoir »
Aveugle et stérile, je m’écrase que le sol, ma boussole en rade, je pleure
Longtemps je pleure, d’abord sur la vie qui ne m’aide pas, puis sur mon sort. Pauvre bougre sans joie. Je me lamente, la litanie des plaintes, victime de tout, responsable de rien, je me recroqueville et pleure.
Enfermé depuis une éternité dans ma bulle salée, quelque chose attire soudain mon attention.
Les larmes, mes larmes, Elles sont moins salées, elles me caressent les joues au lieu de me bruler.
La sensation est si douce que je m’arrête pour l’observer
Des anges parcourent mon visage, nettoie chaque parcelle obscure
Ces larmes me soulagent, me réconforte alors, m’apaisent, elles me donnent l’envie, l’espoir et même, oh je n’ose le dire, oui même la joie.
Je n’ai plus envie de rien juste être là, sentir ressentir, écouter. J’ai envie de rire, d’ailleurs j’explose de rire, alors que des larmes coulent encore, mais à présent elles sont guérison, acceptation.
Une joie intense m’envahie, la douleur se transforme en compréhension. Alors c’est ça ? c’était là devant moi et je ne voyais rien…la joie, à chaque instant la joie ? pour tout pour rien, la gratitude même pour le pire. Car le pire c’est souvent moi.
Je me lève soudain plein d’amour, vide de vouloir mais enfin prêt voir.
Du centre du carrefour ou je me suis effondré, tous les chemins sont illuminés, tous mes avenirs sont colorés, pleins, riches, certains sont plus nettes que d’autres, mais tous, oui regardez tous sont là, ils n’attendent que mon choix. J’étais aveugle et mendiant me voilà roi et maitre de ma vie.
Alors je m’avance, la joie au cœur, l’amour en bandoulière, mon être pour guide et je choisi sans hésiter, et peu importe si je me trompe, il y en tant à explorer…