13/05/2026
Aujourd'hui, j'ai passé la journée à annoncer de mauvaises nouvelles à des gens qui ont bien fait les choses.
Des résidences soignées, des jardins dessinés par des professionnels, des haies taillées, des oliviers centenaires. Et moi, carnet en main, je leur explique que rien de tout ça n'est conforme aux obligations de débroussaillement.
C'est l'exercice le plus délicat de mon métier.
Pas à cause de la réglementation — elle est ce qu'elle est. C'est la posture qui est difficile. Parce que face à moi, ce ne sont pas des négligents. Ce sont des gens qui ont investi, qui ont choisi, qui ont aimé leurs extérieurs.
Le feu de forêt, lui, ne juge pas l'esthétique. Il progresse selon des règles simples : continuité du combustible, densité de végétation, distance aux structures. Un jardin magnifique peut devenir un vecteur de propagation. Ce n'est pas une opinion, c'est un fait.
Alors on explique. On montre la carte, on situe la parcelle, on matérialise le risque. On essaie de transformer un constat de non-conformité en projet de mise en sécurité. Parfois certains arbres doivent partir. Certaines haies être rabattues sévèrement. Il faut assumer la rupture.
Ce que je retiens : quand on prend le temps d'expliquer, les gens comprennent. Et la plupart font le choix de la sécurité.
Dans les Bouches-du-Rhône, la question n'est plus de savoir si un feu passera près de chez vous. C'est quand. La mise en conformité OLD, c'est la seule variable que les propriétaires peuvent encore maîtriser.