09/14/2026
Tout le monde parle du 11 septembre 2001. Moi, aujourd’hui, j’ai plutôt envie de vous parler du 14 septembre 2001, parce que cette journée-là a changé le reste de ma vie sans que je m’en rende compte.
À l’époque, j’étais en deuxième année de mon programme d’entretien d’aéronefs à l’ÉNA. J’avais déjà essayé le génie mécanique à Rimouski sans succès et, pour un jeune qui se cherchait encore pas mal, j’avais enfin l’impression d’avoir trouvé quelque chose. Le taux de placement était pratiquement de 100 % et les perspectives étaient excellentes.
Puis le 11 septembre est arrivé. Je me souviens de mon professeur qui a arrêté son cours et nous a fait sortir dans le corridor pour regarder les nouvelles à la télévision. En une seule journée, un secteur où pratiquement tout le monde trouvait un emploi venait de basculer complètement.
Trois jours plus t**d, le 14 septembre, je devais encore une fois me demander ce que j’allais faire de ma vie. J’étais rendu à deux programmes qui n’avaient pas fonctionné et, franchement, je devais simplement essayer quelque chose. Mon ami David travaillait en maçonnerie, alors je suis allé travailler avec lui.
Bien franchement, je n’ai pas aimé ça. Vraiment pas du tout.
Je pourrais vous raconter qu’avec le temps, j’ai découvert une passion pour la brique et que tout s’est placé naturellement, mais ce serait faux. Ça m’a pris des années avant de réellement trouver ma place dans cette industrie.
Ce qui a changé, c’est que j’ai tranquillement trouvé une façon de transformer ce métier en quelque chose que j’aimais davantage. Pas en changeant de métier, mais en transformant ma façon d’œuvrer dans le métier. Avec le temps, j’ai commencé à m’intéresser davantage à l’innovation et surtout à tout ce qu’on pouvait faire différemment.
Ça m’a pris plusieurs années avant de pouvoir réellement prendre cette direction-là, mais c’est éventuellement ce chemin qui m’a mené à Brique Recyc.
Aujourd’hui, quand je regarde où tous ces détours m’ont amené, je suis vraiment content de les avoir pris.
On arrive tous, à certains moments dans notre vie, à une croisée des chemins, devant ce fameux Y où on est forcé de prendre une autre direction. Sur le coup, c’est facile de le voir comme un recul, une défaite ou quelque chose qu’on subit.
Avec les années, j’ai appris à le voir autrement. Un changement de direction, même lorsqu’il nous est imposé, peut aussi devenir une opportunité qu’on n’aurait jamais considérée autrement.
Je n’aurais jamais choisi la maçonnerie à cette époque-là. Je n’aimais même pas ça. Pourtant, j’ai fini par trouver ma façon d’y être bien et d’en faire quelque chose qui me ressemble, jusqu’à même ébranler certaines façons d’œuvrer dans l’industrie et forcer un virage, notamment d’un point de vue environnemental et de la préservation du patrimoine.
Alors, quand j’arrive aujourd’hui devant un autre Y, j’essaie beaucoup moins de regarder le chemin qui vient de se fermer. Je regarde surtout où les autres peuvent m’amener.