10/05/2026
Mener un projet en permaculture revient bien souvent à chercher le point d’équilibre entre ce que nous avons envie de réaliser et ce que terrain et environnement nous permettent vraiment de concrétiser, sachant qu’il n’y aura jamais de situation parfaite 🧘.
Prenons l’exemple de cette terre forestière située à Montpellier en Outaouais dont sont propriétaires Jennifer et son conjoint. Ils souhaitent créer un espace fonctionnel, agréable à vivre et surtout esthétique. À vocation personnelle dans un premier temps, ils réfléchissent à l’idée d’ouvrir leur projet sur l’extérieur à plus long terme et d’accueillir des visiteurs qu’ils pourront héberger, guider dans des randonnées en forêt et accompagner pour des sessions de cueillette.
Le terrain présente quelques défis de taille. Niché dans une cuvette, il est gratifié d’abondantes chutes de neige (jusqu’à 9 pieds !) ❄️. Les températures peuvent y être jusqu’à cinq degrés inférieures par rapport à celles qui sont annoncées par la ville la plus proche ce qui fait que la saison est courte et le choix des légumes, restreint. Son sol est acide 🎄. Les arbres y sont hauts et créent une ombre importante 🌳. Les moustiques y sont abondants 🦟. Un ruisseau proche de la maison déborde lorsque son lit est encombré de sable et de roches. Jennifer et son conjoint ont à coeur la biodiversité qu’ils cherchent à favoriser 🫎.
En d’autres termes ? L’épaisse couche de neige pose la question du déneigement mais elle met à l’abri les végétaux du gel 🥶. Les hautes futaies empêchent l’ensoleillement mais protègent du vent 🍃, tout en étant propice à la culture de champignons 🍄🟫. Le sol acide n’est pas un problème pour le framboisier et le thé des bois qui sont des plantes à la fois comestibles et médicinales 🍵. Le ruisseau, dont le débordement peut être canalisé, est utilisé pour l’irrigation naturelle et un spot sur l’une de ses rives sert d’espace de relaxation en été 🏖️. Les moustiques sont source de nourriture pour les chauve-souris🦇.
Pour renforcer encore plus l’ensemble, on a ajouté dans notre design une serre pour prolonger la saison maraîchère, des bacs de culture surélevés pour empêcher les chiens des propriétaires de manger les jeunes plants et pour préserver le dos des jardiniers, des clôtures amovibles plutôt que fixes pour ne rien céder à l’esthétique et laisser circuler les animaux (ratons, chevreuils, ours, loups et lynx), des cabanes à chauve-souris pour qu’elles puissent s’y réfugier, ainsi qu’une forêt nourricière et des plantes mellifères pour multiplier les possibilités ✨ !
Le secret d’un projet permaculturel réussi ? Il réside dans la capacité à changer son regard… et de s’accommoder de quelques menus paradoxes, aussi.