03/16/2026
J’aurais dû tout perdre.
Ces œufs ont survécu à un incendie, à 6 heures sans électricité, à des transports multiples et à une couveuse déplacée trois fois dans une maison transformée en champ de bataille.
Et pourtant… ils sont nés.
Ces petits étaient d’abord des œufs 🪺 d’une éleveuse à L’Isle-Verte.
Ils ont voyagé avec elle jusqu’à Rimouski où ils ont fait dodo 💤. Ensuite, une amie est allée les récupérer pour les apporter chez Amy qui, à son tour, a amené ces petits œufs jusque chez nous.
24h de repos. J’étais heureuse.
Le lendemain de leur arrivée, soit 3 à 4 jours après leur ponte, après six manipulations d’embarquement et de débarquement et tout le mouvement de ces transports, je les mets enfin en couveuse au soir.
C’est parti pour la vie !
Du moins, c’est ce que je croyais…
36 heures plus t**d, le feu se déclare dans ma grange.
Perte totale. Le panneau électrique de la maison part avec elle.
La couveuse tombe donc sans électricité… et moi dans un immense tourbillon de fumée qui durera 6 longues heures.
Six heures pendant lesquelles j’oublie complètement ces œufs dans la couveuse froide.
Puis, dans un éclair d’esprit, j’y pense.
François me trouve immédiatement un inverter et une batterie.
Nous n’avons plus rien à perdre… alors croisons les doigts.
Mon fils et sa conjointe, maintenant sans logis puisqu’ils habitaient le loft aménagé dans la grange, s’installent dans ma chambre d’amis, là où se trouve maintenant la couveuse branchée sur batterie.
Elle est accrochée une première fois au passage.
Puis déplacée.
Puis replacée.
François doit même, au milieu de la nuit, la sortir de la chambre pour la déposer sur une chaise dans la salle à manger sous une nouvelle batterie.
Il faut comprendre que la maison est un véritable champ de bataille : nous pelletterons de la neige sur le feu toute la nuit.
À un moment, quelqu’un va aux toilettes sans voir la couveuse sur la chaise.
Elle est bousculée et glisse de quelques pieds.
Quand nous revenons prendre un café, nous la voyons et nous la remettons en place.
À ce moment-là je me dis :
cette pauvre couvée ne survivra jamais à tout ça.
On finit par lui trouver un endroit sécurisé.
Le surlendemain, je mire les œufs.
Un seul est clair.
Tous les autres se développent.
Attendre jusqu’au 17e jour.
Mais la vie continue de nous surprendre.
Le 16e jour de couvaison, je gagne une douzaine d’œufs fécondés d’une grande valeur.
Ils arrivent par transporteur le lendemain.
Donc au 17e jour je mire :
trois œufs me semblent incertains, mais neuf sont prometteurs, 7 sont presque confirmé « en mouvement »
Le 18e jour, jour du lockdown habituel… la nouvelle douzaine arrive.
Problème : je n’ai qu’une petite couveuse de 8 œufs disponible en dehors de ma couveuse normale.
Décision prise :
je mets mes 9 œufs prêts à éclore dans la petite, et j’installe 25 autres œufs en incubation dans la grosse couveuse (la douzaine gagnée contenait finalement 14 œufs et j’en ajoute 11 de mes poules).
Mais la petite couveuse refuse de monter en humidité.
Éponge.
Couvercle d’eau.
Eau chaude.
Styromousse.
Rien.
Elle reste bloquée autour de 55 %.
Deux poussins percent la coquille… mais ils n’arrivent pas à sortir.
Les heures passent.
La race Orpington a une coquille très dure.
Avec une humidité trop basse, la membrane peut coller et les pousser à l’épuisement.
Les heures continuent de passer.
Je décide alors de les aider juste assez pour dégager leur bec et leur permettre de respirer.
Mais le manque d’humidité peut encore les condamner.
À 00:40, je prends une décision risquée :
je retire 8 œufs en incubation de la grosse couveuse pour y installer les poussins prêts à naître et monter l’humidité.
Les œufs de première semaine tolèrent ce changement… du moins, c’est ce que l’on me dit 🤞🏻
Je prends donc le risque.
Les futurs poussins sont installés là pour quelques heures, le temps d’éclore.
Et par je ne sais quel miracle…
Ces 7 petits Orpington ont vu le jour dimanche le 15 mars.
Ils sont vivants.
Vifs.
Et semblent en parfaite santé.
Quelle résistance incroyable possède cette lignée.
Espérons maintenant avoir de belles poulettes… et peut-être un coq si coup de cœur.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Vendredi soir, un raton laveur a défoncé la mini porte à poule des Appenzelloise et il a tué deux de leurs trois poussins.
Il ne restait qu’une petite poulette d’un mois qu’on rentra dans la poussinière.
J’ai décidé de lui offrir les nouveaux-nés comme fratrie d’adoption.
Et contre toute attente… elle s’en occupe très bien.
Elle leur montre même à boire et à manger.
Bien sûr, elle se déplace parfois maladroitement, mais pour l’instant tout se passe bien.
Je surveille.
Nos œufs dans la petite couveuse ?
Ils sont maintenant de retour dans la grande couveuse avec l’humidité adéquate.
Je ferai le mirage un peu plus t**d que d’habitude, vers 8 jours plutôt que 4 ou 5, par précaution.
Entre-temps, nous avions déjà commandé des poussins avant tout ce chaos.
Donc 4 Marans, 4 Ameraucana et 4 Coucou de Malines rejoindront la fratrie lundi soir. (Plus si surplus disponible)
Et pour les 25 autres en couveuse ?
Ils devraient éclore au même moment que ma prochaine commande de 10 Ameraucana et 10 Olive Eggers.
Nous espérons une belle fratrie d’environ 32 poussins colorés, dont plusieurs de mes Plymouth Rock barré.
Avec un peu de chance, nous en aurons 8 ou 9.
Au total, nous serions donc à :
🐥 20 poussins nés le 15 mars
🐥 36 poussins attendus début avril
Pour un total possible de 56 poussins.
La moitié seront probablement des coqs.
Mais si tout va bien, nous aurons peut-être 28 nouvelles poulettes cette année.
Malgré la perte de nos animaux dans l’incendie…
nous pourrions quand même atteindre notre objectif : 32 poules pour l’hiver 2026.
La vie m’a mise à genoux.
Mais elle ne me brisera pas.
Et la vraie morale de cette histoire ?
Même dans les pires moments…
la vie trouve toujours une façon de continuer.
Ces petits poussins sont nés…
et avec eux est né un peu d’espoir et de bonheur.
Je sais… elle était longue cette histoire !
Mais avouez que le résultat est assez fascinant et inattendu.
Ces petits poussins sont peut-être minuscules… mais ils viennent de me rappeler une chose :
tant qu’il reste de la vie, il reste de l’espoir.
Et honnêtement… j’en avais vraiment besoin cette semaine…