13/09/2026
Pourquoi est-il parfois plus facile de se dévoiler devant des inconnus que devant ceux qui nous connaissent depuis toujours ?
Je suis quelqu’un qui parle facilement. On dit souvent de moi que je suis un livre ouvert. Je me dévoile vite, parfois trop. Et je sais que cela peut s’analyser de mille façons : besoin de lien, spontanéité, envie d’être comprise, besoin de partager… Ce serait d’ailleurs à lui seul un merveilleux thème de cercle : dire ou ne pas dire ? Jusqu’où se dévoiler ?
Depuis quelque temps, je découvre de plus en plus de cercles de parole : cercles de femmes, cercles mixtes, cercles autour du feu, retraites… et maintenant ceux que nous organisons nous-mêmes avec Benoît. Et je reste chaque fois émerveillée par la vitesse à laquelle l’être humain peut enlever ses masques lorsqu’il sent qu’il se trouve dans un lieu où il ne sera ni jugé, ni corrigé, ni conseillé.
Dans la vie, nous portons tellement de rôles. Femme, mère, fille, sœur, compagne, collègue. Homme, père, frère, amoureux, ami… Et nous ne sommes pas toujours exactement les mêmes selon la personne qui se trouve en face de nous. Nous nous adaptons, nous contrôlons, nous protégeons parfois les autres, parfois nous-mêmes.
Puis, dans un cercle, quelque chose se passe. Il peut ne plus rester qu’un être humain face à d’autres êtres humains. Avec ses forces, ses failles, ses contradictions, ses peurs, ses erreurs, ses envies, ses blessures, ses culpabilités… ou même parfois l’absence de culpabilité là où l’on pense que l’on devrait en ressentir.
Et ce qui me bouleverse, c’est que cette parole surgit souvent devant des personnes que nous ne connaissions pas quelques heures auparavant. Des personnes que nous ne reverrons peut-être jamais. Et pourtant, tout à coup, on ose dire ce que l’on ne dit pas ailleurs. On pleure. On tend une main. On accueille un regard. On se laisse prendre dans les bras. On dépose quelque chose.
Peut-être parce qu’avec un inconnu, il n’y a pas encore vingt ans d’histoire à défendre. Pas de rôle imposé. Pas de vieux conflit caché derrière chaque phrase. Pas cette peur que ce que nous confions aujourd’hui nous soit reproché demain. L’autre ne possède pas encore une version de nous. Pendant quelques heures, nous pouvons simplement être.
Et même ceux qui ne parlent pas vivent quelque chose. Une histoire entendue peut devenir un miroir. Une phrase peut toucher exactement un endroit que nous n’arrivions pas nous-mêmes à nommer. Parfois, les larmes viennent avant même que nous sachions pourquoi. Et on se sent moins seul.
J’ai moi-même déjà participé à des espaces de parole et à des expériences autour du pardon. Et je sais combien ce mot peut être immense. Pardonner n’est pas toujours oublier. Ce n’est pas forcément excuser. Ce n’est pas nécessairement reprendre une relation ou faire comme si rien ne s’était passé. Parfois, il s’agit simplement de se demander : qu’est-ce que je continue à porter, et est-ce que j’ai encore envie de le porter ?
C’est aussi ce que j’aime dans un véritable cercle de parole : il ne cherche pas à réparer l’autre. Ce n’est pas un débat. Nous ne sommes pas là pour dire : « Tu dois », « Il faut », « À ta place… ». Nous revenons au je. À ce que cela fait résonner en nous. À ce que nous ressentons. Et parfois, aucune solution n’est nécessaire. Une parole avait simplement besoin d’un endroit où se déposer.
C’est dans cet esprit que Benoît et moi préparons notre prochain cercle Confidences pour confidences, autour du thème :
« Pardonner… ou pas ? »
📅 Dimanche 4 octobre – Gesves
🌲 15h–16h30 : balade tranquille en forêt, facultative
☕ 16h30–17h : accueil et thé
⭕ 17h–20h : cercle de parole
🥖 À partir de 20h : repas partagé facultatif
🕘 Fin prévue vers 21h
Participation : 30 € – inscription obligatoire, places limitées.
📩 [email protected]
📞 0471 83 58 22
Et vous, avez-vous déjà participé à un cercle de parole, une retraite ou un espace où vous avez eu le sentiment de pouvoir vraiment déposer les masques ? Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?