30/03/2026
A COEUR OUVERT L’OR CACHÉ DE LA VIE - témoignage authentique, inspiré de faits réels et d’expériences vécues. ( Partie 4)
—
Les femmes de ma vie,
Après ma naissance, la vie reprit son cours. Ma mère,
Nounoune, n’avait que dix-sept ans, mais elle avait déjà les responsabilités d’une adulte. À peine remise de l’accouchement, elle dut reprendre le chemin de l’école. Elle venait d’entamer un BEP de comptabilité au lycée République de Cayenne, une formation qui représentait pour elle bien plus qu’un simple
diplôme : une promesse d’avenir, une clé pour l’indépendance, pour notre survie.
La distance entre Cayenne et Kourou est d’environ soixante kilomètres. En bus, il faut compter près d’une heure, parfois davantage lorsque la pluie ralentit la route. Chaque matin, elle se levait avant l'aube, préparait ses cahiers, glissait dans son sac
quelques biscuits et prenait le bus encore endormie vers Cayenne.
Cayenne, la petite capitale de la Guyane, bruissait déjà à cette heure d’une vie à part : un mélange de langues, d’odeurs et de musiques. Une mosaïque d’origines où se côtoyaient Créoles, Bushinengués, Amérindiens, Métropolitains, Surinamiens…
Tous portaient en eux un fragment de cette terre singulière, rude parfois, mais pleine de chaleur humaine.
Dans cette ville aux couleurs vives, les solidarités
remplaçaient les certitudes. Chaque voisin était un oncle, chaque amie de la famille une tante. Les rires d’enfants se mêlaient aux tambours et aux cris des marchandes ambulantes.
C’était un monde simple, vibrant, parfois dur, mais vivant.
…