Cet espace compris entre la rivière Saint-Jean et la rivière du Mât est peuplé dès 1670. En 1704, quatre familles sont signalées mais le nombre d’habitants stagne autour d’une trentaine de Blancs et d’esclaves1. À partir de 1718, la croissance démographique est amorcée. De nombreuses cultures se développent : thé, café, manioc, tabac, maïs, girofle, riz, vanille et blé. Ces terres fertiles donnent à la région l’appellation de « Beau Pays ». Saint-André est un des quartiers avec Sainte-Suzanne du canton Nord-Est. Ces cantons allant de Saint-Denis à Sainte-Rose forme le district du Vent. Elle célèbre dans l’enthousiasme révolutionnaire l’élection de sa première municipalité le 3 août 17902. Paradoxalement, la commune de Saint-André est, pendant cette même période, l’un des bastions contre-révolutionnaires et le lieu de la contestation des arrêtés de l’Assemblée Coloniale de Saint-Denis. Les historiens parlent de « chaos » pour désigner cette « crise saint-andréenne ». Elle atteint son paroxysme avec la disparition de la commune dont le territoire est partagé entre Sainte-Suzanne et Saint-Benoît. L’église, construite en 1751 est rasée en 1795 sur ordre de l'Assemblée Coloniale. Un an plus t**d, cette même assemblée autorise la reconstitution de la paroisse par arrêtés des 21 et 22 juin 1796. La reconstitution est effective dès 1797 ; elle demeure cependant sans église et sans curé jusqu’en 1817, date de l’arrivée du Père Minot qui lance la construction d’une nouvelle église (bénie en novembre 1821, consacrée par Mgr Desprez en 1852). Dans la première moitié du XIXe siècle, la région se couvre de champs, d’usine sucrières et de grandes habitations comptant parmi les plus riches de la colonie. La culture de la vanille se développe également rapidement dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Cette région de production attire, après l’abolition de l’esclavage, de nombreux travailleurs engagés en provenance du sud de l’Inde, les Malbars. Au début du XXe siècle, la ville compte 10 111 habitants et s’étend sur 5600 hectares.