23/03/2026
đ„ IDĂE REĂUE : "La mort ça concerne surtout les personnes ĂągĂ©es ".
On entend ça tout le temps. Et on le pense, souvent sans s'en rendre compte. "J'ai le temps." "Ăa n'arrivera pas Ă quelqu'un de mon entourage, pas maintenant." "je suis trop jeune pour y penser"
đ Ce que disent les chiffres en France (donnĂ©es Inserm / CĂ©piDc 2023)
637 082 personnes sont décédées en France en 2023. Voici comment se répartissent les grandes causes :
đ” Les cancers : 27% des dĂ©cĂšs La premiĂšre cause de mort en France. Et elle touche des personnes bien plus jeunes que la moyenne.
đ” Les maladies cardiovasculaires : 21% des dĂ©cĂšs Infarctus du myocarde, AVC, insuffisance cardiaque. Un dĂ©cĂšs sur cinq.
Ces deux causes seules représentent déjà prÚs de 50% des décÚs. En ajoutant toutes les autres maladies, on dépasse les 70% de décÚs liés à la maladie.
đŽ Accidents et dĂ©cĂšs violents â Accidents (route, domestiques, travailâŠ) : ~40 000/an â Suicides : ~9 000/an â Homicides : ~800/an
Soit prÚs de 50 000 décÚs par an qui n'ont rien à voir avec une maladie.
đĄ Le chiffre que personne ne vous dit
Maintenant, regardons les dĂ©cĂšs soudains et brutaux â ceux que rien ne laissait prĂ©voir.
Entre 40 000 et 50 000 personnes sont victimes d'une mort subite cardiaque chaque année en France. C'est 130 décÚs par jour. Et un tiers de ces victimes ont moins de 55 ans.
La mort subite cardiaque, c'est une perte brutale de conscience, chez un sujet dont le dĂ©cĂšs Ă©tait totalement inattendu. Une mort mĂ©dicale â mais vĂ©cue comme un choc absolu par les proches.
Si l'on additionne : â les morts subites (AVC foudroyants, infarctus, ruptures d'anĂ©vrisme, emboliesâŠ) â les accidents et dĂ©cĂšs violents (~50 000/an)
C'est donc bien 30 à 40% des deuils qui surviennent sans aucune préparation.
đ Ce que le deuil brutal a de particulier
Dans mon métier, ce sont ces familles-là qui arrivent les plus démunies.
Pas parce qu'elles aimaient moins. Parce qu'elles n'avaient rien vu venir.
Et derriĂšre le choc du deuil, il y a une deuxiĂšme souffrance :
"Est-ce qu'il aurait voulu ĂȘtre inhumĂ© ou crĂ©matisĂ© ?" "Elle avait un contrat obsĂšques ? On ne sait pas." "Il m'avait dit quelque chose, mais je ne suis pas sure."
Ces phrases, je les entends réguliÚrement. Elles portent un poids immense : celui des décisions à prendre en 24 à 48h, dans un état de choc total, sans boussole.
Quand la mort est progressive, les familles ont souvent eu le temps de se prĂ©parer â au moins un peu. De se dire certaines choses. De rĂ©gler certaines questions.
Quand elle est brutale, tout s'effondre en mĂȘme temps.
âïž Ce que vous pouvez faire, dĂšs aujourd'hui
Non, il ne s'agit pas de devenir obsédé par la mort. Il s'agit de quelques gestes simples, qui coûtent peu et qui peuvent tout changer :
â
Parler Ă vos proches de vos souhaits (inhumation ou crĂ©mation, musique, lieu...) â
Ăcrire vos volontĂ©s, mĂȘme sur une simple feuille â
Informer une personne de confiance de l'existence d'un testament, d'une assurance-vie, d'un contrat obsĂšques â
Anticiper â non pas parce que la mort est proche, mais parce que vous aimez ceux qui restent
"La mort n'attend pas que vous soyez prĂȘt. Mais vous pouvez, vous, dĂ©cider de ne pas la laisser tout emporter avec elle."
Parler de la mort avant qu'elle arrive, ce n'est pas ĂȘtre morbide. C'est un acte d'amour.
đŹ Et vous â avez-vous dĂ©jĂ abordĂ© ce sujet avec vos proches ? Qu'est-ce qui vous en empĂȘche ?
(Sources : Inserm-CĂ©piDc, SantĂ© Publique France, ONISR, Fondation CĆur et Recherche â donnĂ©es 2021-2023)