06/07/2026
🐾🤍 Derrière la femme de ménage qui déménage…
Depuis quelques semaines, plusieurs personnes me félicitent pour mon déménagement.
On me parle de courage.
De nouveaux projets.
D’un nouveau départ.
Et j’en suis reconnaissante.
Mais aujourd’hui, j’ai envie de vous montrer ce qu’on ne voit pas.
Parce que derrière la femme qui déménage, il y a une femme qui est épuisée.
Pas seulement par un déménagement.
Par des années à essayer de suivre un rythme qui n’a jamais été conçu pour elle.
Je suis neurodivergente (Autiste/Tdah avec beaucoup de comorbidités)
Et même si plusieurs me voient comme une femme forte, entrepreneure, souriante et déterminée, la réalité est que chaque changement, chaque imprévu, chaque surcharge me demande une énergie immense.
Depuis des années, j’essaie simplement de garder la tête hors de l’eau dans un monde qui va souvent beaucoup trop vite pour moi.
Puis il y a Diesel.
Mon compagnon depuis huit ans.
Mon gros.
Mon loup.
Ma crevette.
Celui qui m’a accompagnée dans les montagnes, les sentiers, les couchers de soleil et les moments de liberté.
Mais surtout…
Celui qui a traversé avec moi les périodes les plus difficiles de ma vie.
Mon burn-out.
Mon diagnostic d’autisme à l’âge adulte.
Mes deuils.
Mes remises en question.
Mes reconstructions.
Lorsque tout semblait s’effondrer autour de moi, il était là.
Simplement là.
Et parfois, sa présence calmait davantage mon système nerveux que tous les mots du monde.
Depuis des années, je me bats aussi pour comprendre ce qui se passe avec lui.
Des rendez-vous vétérinaires.
Des hypothèses.
Des traitements.
Des essais-erreurs.
Des changements alimentaires.
Des milliers de dollars investis.
Des heures de recherches.
Des nuits d’inquiétude.
Des années à observer des symptômes sans avoir l’impression d’obtenir de véritables réponses.
Des années à sentir qu’il manquait une pièce au casse-tête.
Je ne remets pas en question la bonne volonté des professionnels qui ont croisé notre route.
Mais je crois sincèrement que plusieurs propriétaires d’animaux comprendront ce que je veux dire lorsque je parle de l’épuisement de devoir constamment chercher, questionner, observer et recommencer et même si sont papa était là, j’avais malgré tout le sentiment d’être seul à faire tout pour lui.
Récemment, après m’être battue pour obtenir une échographie, une nouvelle piste est finalement apparue.
Une piste qui pourrait peut-être expliquer plusieurs années de questionnements.
Mais la vérité, c’est que nous cherchons encore.
Je n’ai toujours pas de réponse claire.
Je n’ai toujours pas la tranquillité d’esprit que j’espérais obtenir.
Je continue de me poser des questions.
Je continue d’attendre.
Je continue d’espérer.
Et c’est probablement l’une des parties les plus difficiles.
Parce qu’après toutes ces années, j’aurais aimé partir avec le sentiment que tout allait bien.
J’aurais aimé quitter l’esprit en paix.
Au lieu de ça, je pars avec encore des inquiétudes.
Avec encore des rendez-vous.
Avec encore des réponses à trouver.
Et lorsqu’on aime un animal comme un membre de sa famille, cette charge-là nous suit partout.
Pendant ce temps…
La vie continuait.
Mon entreprise continuait.
Mes responsabilités continuaient.
Mes factures continuaient.
Le monde continuait.
J’ai annoncé mon départ à mes clients un mois et demi à l’avance par respect.
Parce que je voulais leur laisser le temps de s’organiser.
Plusieurs ont rapidement trouvé quelqu’un d’autre.
Je comprends leur choix.
Mais cela a aussi diminué considérablement mes revenus dans une période où j’en avais pourtant besoin plus que jamais.
Et malgré tout, il fallait continuer.
Préparer les boîtes.
Organiser le déménagement.
Gérer l’incertitude.
Porter mes inquiétudes pour Diesel.
Puis il y a la question qu’on me pose parfois :
« Pourquoi tu ne l’apportes pas avec toi ? »
Honnêtement…
Croyez-vous vraiment que si c’était possible, je serais en train d’écrire ces lignes aujourd’hui ?
Si je pouvais partir avec Diesel, il serait déjà dans le camion.
J’ai cherché des logements.
Beaucoup.
J’ai regardé les maisons.
J’ai fait les calculs.
J’ai essayé de trouver une solution.
J’ai essayé de trouver une façon de reconstruire ma vie sans devoir laisser derrière moi celui qui m’accompagne depuis huit ans.
Mais lorsqu’on est seule, pas d’aide, que les logements acceptant les chiens sont presque inexistants, que les prix explosent et que l’accès à la propriété devient de plus en plus difficile, les options deviennent parfois beaucoup plus limitées que ce que les gens imaginent.
Et ce qui me bouleverse le plus, c’est de constater à quel point je suis seul, devant cette réalité.
On parle souvent de l’importance des animaux pour la santé mentale.
On reconnaît leur impact sur notre bien-être.
On reconnaît qu’ils font partie de nos familles.
Mais lorsque vient le temps de se loger, cette réalité disparaît souvent complètement.
Des familles se voient refuser des logements.
Des personnes doivent faire des choix impossibles.
Des animaux sont abandonnés.
D’autres sont séparés de ceux qu’ils aiment.
Non pas par manque d’amour.
Mais par manque d’options.
Et pourtant, ceux qui ont aimé profondément un animal savent.
Ils savent que ce n’est pas “juste un chien”.
C’est un compagnon.
Un confident.
Un repère.
Un membre de la famille.
Et devoir imaginer sa vie sans lui lorsqu’on ne le souhaite pas est une douleur que les mots peinent à décrire.
C’est un deuil vivant.
Un deuil où l’amour est toujours présent, mais où la réalité nous oblige malgré tout à emprunter des chemins différents.
Je crois que ce qui me fait le plus mal dans tout ça, c’est de réaliser que ma reconstruction passe aussi par un deuil que je n’aurais jamais cru devoir vivre un jour.
Celui de laisser derrière moi l’être qui m’a aidée à survivre pendant certaines des années les plus difficiles de ma vie.
Alors oui.
Je déménage.
Oui.
Je recommence ailleurs.
Oui.
J’ai encore des rêves et des projets.
Mais derrière la femme qui déménage, il y a aussi une femme qui est fatiguée de survivre.
Une femme qui tente simplement de construire une vie où elle pourra enfin respirer.
Et peut-être que certaines personnes verront seulement un déménagement ou un abandon.
Moi, je vois huit années de vie qui ne rentreront pas dans le camion.
💔🐾
M-E